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22 / 02 / 2006,
21:07
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29 août 2014.
Les troupes américaines sont déployées dans toutes les grandes villes
françaises. Nulle part elles n’ont rencontré de menace physique. Durant leur
progression, les seuls obstacles à la circulation ont été des barricades et des
monceaux de poubelles, fumier, clous , huile de colza, épaves… A chaque fois, il
a tout fallu dégager avec les puissants bulldozers blindés du génie en cas de
piège explosif dissimulé. Les routes bloquées dégagées durant le jour étaient
rebloquées le lendemain , perturbant la logistique et imposant de fréquents
contrôles de surveillance d’axes routiers. Il y eut quand même quelques
arrestations mais le déversement de 10 tonnes de pommes sur la route, même en
plein virage n’a jamais été jugé comme acte de guerre. Pourtant, le petit
véhicule blindé de reconnaissance à roues qui les a bien percutées de nuit a
terminé dans le fossé avec les deux roues arrière en l’air tandis que les
militaires restaient coincés à l’intérieur. Cette photo, attendue depuis
longtemps, a fait le tour du monde. Mais la même n’a pas été réussie avec des
choux. Bien dommage.
Des photos de soldats américains en train de
détruire des panneaux hostiles à leur action ont aussi compté dans la guerre
psychologique sur le net. La France est envahie. Elle est pacifiste.
Difficile de passer dans ces conditions là pour
des libérateurs ou des sauveteurs. La France ne souffre ni de la famine, ni de
l’oppression, ni de la pauvreté.
L’exécutif (président et gouvernement) a
démissionné dés la réception de la déclaration de guerre, et l’Assemblée
Nationale comme le Sénat a suspendu toutes les séances . Les américains n’ont
aucun contact avec des responsables politiques qui pourraient représenter un
pouvoir légal en France. Il est impossible de faire signer une quelconque
capitulation .
L’autre problème est d’importance. Les « alliés »
pensaient pouvoir utiliser le réseau internet en se connectant sur France
Télécom. Les liaisons s’établissent correctement durant les tests mais dés
l’emploi de la cryptographie pour communiquer, plus rien ne passe durant deux
heures environ. Puis, des messages codés correspondant aux mêmes clés arrivent
aux destinataires. Ces messages sont plutôt moqueurs, et accompagnés du dernier
tube de Madonna, présenté comme incopiable. Les messages originaux quand à eux
sont déplombés et balancés sur le net mondial . Ce réseau devient donc
inutilisable, car les Français en ont la maîtrise complète.
En représailles, tous les tuyaux de fibres
optiques de Rennes furent sectionnés en plusieurs endroits. Mais le net continua
de fonctionner. En effet, le réseau satellitaire, par courant porteur et même
par les tuyaux de distribution du gaz de ville, prend localement le relais, et
chaque parabole détruite est déjà en double un peu plus loin.
Deux personnes ont été prises en train d’en monter
une, pour un propriétaire privé apparemment. Elles étaient habilitées par un
F.A.I. Il en existe deux mille sept cent quatre vingt douze en France,
pratiquant les mêmes tarifs. Très difficile alors de faire la différence entre
un vrai et un faux, utilisé par le pouvoir français dans la guerre des
télécommunications.
Car celle-ci fait rage, même en dehors du réseau
internet. Les radio-communications sont aléatoirement brouillées, et quand un
canal est décrypté, ce sont des faux messages qui arrivent. Sur le net, on a
même pu voir un capitaine américain en train de communiquer avec sa hiérarchie
devenir livide en entendant sa propre voix diffusée en direct sur les
haut-parleurs de la mairie qu’il venait d’atteindre, avec la traduction
française à la suite. Enfin, les GPS sont inutilisables pour cause de «
saturation ». Et les cartes sont contredites par les panneaux récemment mis en
place. Bref, les américains doivent réapprendre à se servir de carte, et de la
boussole, car ils ont toujours l’impression de tomber sur le loquedu du coin
chaque fois qu’ils demandent leur chemin. Et chaque gag… se retrouve encore une
fois sur le net. D’ailleurs, il commence à y avoir des débordements de violence
de certains groupes de combat au contact de la population car trop de personnes
éclatent carrément de rire sur leur passage.
Le summum a été atteint quand une trentaine
d’enfants de 12-13 ans ont attaqué une patrouille avec de l’eau, de la farine et
des œufs pourris en direct sur le net. Deux se sont fait attraper et deux mille
personnes se sont massées devant le cantonnement local. Il a fallu les relâcher.
Et les quelques claques qu’ils ont reçu ont coûté cher au commandant du camp et
à celui qui les a données.
Paradoxalement, les soldats dans le cantonnement
reçoivent des invitations à se connecter sur des sites français, mais « formatés
» pour eux. On leur propose des rencontres avec des filles sympas du coin où ils
sont stationnés. On leur indique les cinémas et les lieux de distraction . Et
bien sûr, seuls ces portails leur permettront de communiquer avec le reste du
Web par les « tuyaux français », c’est à dire leurs famille et amis. On leur
rappelle bien qu’ils ne doivent pas divulguer d’informations militaires à leurs
«ennemis », donc d’être bien prudents quand ils écriront. Et surtout, ils
peuvent télécharger tous les films et musiques récents de chez eux, exempts de
DRM, ce qui est impossible pour eux, sauf à passer par les sites français
(raison invoquée pour l’invasion). Mais bien sûr, on leur fait comprendre «
qu’on ne leur en veut pas, qu’ils obéissent aux ordres, et qu’en civil, ils ne
risqueront rien à se promener à l’extérieur ».
Tout cela agace fortement le haut commandement
allié. Ils ne sont pas venus en France faire du tourisme et passer pour des
boy-scouts maladroits.
Alors, quand des renseignements convergents
semblent indiquer qu’un gros centre de contrôle est situé en pleine ville, le
haut commandement allié décide de faire un exemple. La ville est évacuée puis
bombardée à 95 % le cinq septembre 2014. Les ruines fumantes du Havre ne seront
pas oubliées lorsque l’heure des comptes viendra.

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