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28 / 02 / 2006, 20:53

Véra

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          Le lieutenant Vera Sanders se prépare pour sa soirée. Elle dispose d’un petit appartement réquisitionné en ville, duquel elle doit « comprendre » la vie des français.          

          En effet, les américains ne comprennent pas cette passivité face à l’envahisseur.

          Ce job est agréable mais il n’est pas vraiment couronné de succès. Les français vaquent à leurs occupations mais ne parlent pas de politique, ni d’argent.

« Tout va bien » semble être leur maître mot.

          Elle a pu constater que tous les cafés ont leur espace internet, mais qu’il est impossible d’être à deux pour consulter un écran. En effet, leur gestion bancaire, leurs achats de petits et gros matériels, tout cela passe par internet et ils doivent pouvoir accéder à leur courrier de façon confidentielle.

          Il y a aussi peu de magasins avec du matériel a vendre. Il est plutôt en exposition, et tout est vendu « livré » après consultation sur internet avec le vendeur. Et le vendeur-conseiller touche sa commission payée par le site de mise en ligne.

          Tout ce qui est encombrant est livré. En effet, et c’est flagrant, les français n’ont pas de voiture individuelle. Il faut prendre une location automatisée, avec tarif en fonction du modèle de la voiture. Et c’est assez onéreux. En contrepartie, il y a beaucoup de transports en commun et les livraisons, plus montage et enlèvement de l’ancien donne du travail , permet le recyclage et évite la pollution.

          Il y a aussi un service bancaire d’état. Les salaires sont versés de compte à compte (entreprise vers salarié) ainsi que les achats (acheteurs – entreprise). Les taux de crédits sont les mêmes partout (pas de concurrence) et l’état rémunère les comptes en fonction de la durée minimale d’économie. Les conditions d’attribution de prêt sont équitables et l’état n’a pas besoin de justice pour rentrer dans son argent.

          En nationalisant toutes les banques, l’état « jouent » à l ‘étranger avec l’argent des français et n’a plus de dette à rembourser. Les impôts collectés ne servent dont pas à payer des intérêts mais les travaux réellement effectués. Et comme c’est du compte à compte, l’argent sort d’un coté pour être disponible de l’autre. Et que ferait l’entreprise de son crédit papier hors de la banque d’état ? Alors que placé, son argent rapporte un peu. En fait, son argent sert à prêter à d’autres et c’est lui qui récupère les intérêts. Car l’état ne peut faire comme bénéfice que la paye des employés et l’entretien des immeubles (réduits au nombre minimal grâce au télétravail.

          L’armée ? Non vue. L’état ? Non vu. Il existe un site mairie-préfecture pour les problèmes d’habitation et d’état civil. Pas de site sur l’assemblée nationale depuis 2011.

          L’état ne possède plus aucune entreprise dans le domaine de l’énergie, des télécommunications, de l’eau … alors que la peur de celles-ci avait été d’être nationalisées. Mais ces industries n’ont pas le droit de vendre leur production en France, hormis à l’état. Le citoyen de droit bénéficie donc de tout, et l’état lui facture directement en se servant sur son compte au tarif national. Par contre, il paie le prix de gros directement au « producteur ». Encore une fois « compte à compte ». Mais l’entreprise a le droit de vendre à l’extérieur et peut demander des crédits très avantageux pour se moderniser au lieu de lever des capitaux en bourse. A condition d’avoir le siège social en France, 80% de ces avoirs financiers en France et d’employer au total 50% de personnels français. EDF, GDF, Lyonnaise des eaux font donc toujours des bénéfices… à l’extérieur. Mais aussi AIR France International, ATLANTIQUE FERRIES et MEDITERRANEE VOYAGE. La SNCF comme les autres transporteurs intérieurs touchent une enveloppe pour le marché annuel et l’état s’occupe de la vente des billets sur internet.

Par ce « compte à compte », l’état dispose de la masse monétaire globale, pouvant créditer les gens en fonction de leur travail et acheter à des entreprises …tout en gardant l’argent. Il s’agit de jeux d’ « écriture » que personne ne remet en cause puisque chacun à la possibilité de retirer la totalité de son argent, si il le désire. Mais qui voit les bilans ? Qui prend les décisions ? Impossible à déterminer.

          En tout cas, la confiance fonctionne. Depuis 3 ans et pour encore deux ans, les marins pêcheurs sont salariés et ne pêchent plus. Ils ont obligation de sortir en mer éviter que des pêcheurs étrangers viennent pêcher dans les eaux françaises. En effet, les petits poissons plus nombreux attirent les gros et les eaux françaises sont devenues les plus poissonneuses d’europe. Des pêcheurs britanniques, alliés des américains ont, comme les espagnols, tenté leur chance après l’invasion. Ils ont sombré, et on ne sait pas ou mouillent les sous-marins français. Pas de victime, car les pêcheurs français sont allés repêcher les braconniers, mais la leçon a été bien retenue.

          Vera est prête. Petit restau sympa, mais de standing, loin de la troupe. La présence américaine hormis elle est nulle ce soir et elle peut observer les clients français. La moitié a des vêtements de standing, mais manifestement une autre moitié ne devrait pas avoir les moyens de s’offrir ce genre de prestation. Le garçon lui glisse qu’ils ont des « chèques cadeaux uniquement valables ici ». C’est à la fois une aide de l’état et une récompense pour les classes laborieuses. C’est moralement mieux que des aides directes puisque les salaires et les revenus du patron sont justifiés par du travail, et que les payeurs des aides (l’état c’est nous) en profitent aussi.

           Manifestement, c’est le cas aussi en boite de nuit. Là, il y a beaucoup de compatriotes, mais Vera est venue pour faire connaissance avec un français. (« joignons l’utile à l’agréable»). Seule à sa table, Vera attire les regards, tandis qu’elle sirote lentement son cocktail sans alcool. Elle repère un beau mâle, un peu timide mais qu’elle semble intéresser, adossé au bar, seul lui aussi. Elle vide son verre d’un trait et le ramène au bar, comptant l’aborder sous un prétexte fallacieux. Mais il se jette à l’eau tout seul en premier « Bonsoir ! Vous êtes américaine non ? » .Un silence. « Glad to meet you, moi c’est Franck »

 

 
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