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12 / 03 / 2006, 18:39

Epuration idéologique

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22 mai 2011.

 

La population semble accepter la mise en place de la Net république. Les premiers cours de net-civisme sont accessibles en ligne et les gens répondent aux questionnaires avec enthousiasme. Toute la population ?

 

Non, bien sûr. La gauche et l’extrême gauche confondent le nouveau régime avec un communisme moderne. A part que… les partis n’existent plus. On se fond dans des comités de discussion après les heures de travail. Et il s’agit de construire une société pour tous dans les moindres détails.

 

Il faut dire que la première mesure de rétorsion de la World Company a été de supprimer la diffusion de programmes en langue française. Les artistes français désirant poursuivre leurs activités avec leurs majors quittent le pays. Las, dans quelque mois, réduits au marché canadien et africain (bien moins rentable), ils vont être virés en grand nombre. Les autres investissent les studios, mais la télé est devenue bien amateur et un grand nombre de programmes ont été détruits par des employés zélés (qui seront bien mal récompensés).

Donc, la télévision n’est plus un média très suivi ( fait peut-être un peu voulu par le net-gouvernement), et le web attire tous les publics, surtout que des milliers d’ordinateurs sont distribués.

 

Il fait aussi très beau en ce mois de mai. On discute ferme à la terrasse des cafés grâce à la largesse du net-gouvernement pour compenser la fermeture momentanée du système bancaire.

 

La droite se scinde en deux. Ceux qui lui faisait confiance, mais qui modestes, n’en tirait que des peurs du pire de l’autre camps et ceux qui se remplissaient les poches. Etonnamment, on voit partir les seconds pour l’étranger ayant vendu leur bien à l’état un bon prix. Cela choque certains, qui auraient voulu danser sur les cendres fumantes des « châteaux » mais ces biens sont rapidement investis par de nouveaux occupants, bien plus nombreux et démunis au départ. Les jardins en souffrent un peu quand il y en a,  mais voir une cinquantaine de « Sans Domicile Fixe » dans l’appartement d’un ancien ministre des finances calme la fureur populaire.

 

Il reste pourtant une petite minorité d’ «incasables». Leurs employeurs s’en vont les poches pleines, mais eux n’ont rien. Ils étaient là pour terroriser, casser du beur, du nègre, du juif, de l’étudiant, du gêneur… Impossible pour eux de s’adapter à un monde de moutons. Ils sont supérieurs à tout le monde eux. Et leurs tatouages sont bien encombrants de toute façon.

Partir ? Certains ont essayé. Ils ont été refoulés.

 

Alors, en cet après-midi, ils se sont donnés le mot pour aller tout casser à la capitale. 3000 enfants du Reich vont manifester pour eux aujourd’hui. Ca va saigner.

 

Malgré leurs petits groupes, leurs portables, leurs blousons sous lesquels ils cachent des armes, ils tombent tous dans le piège de la place de l’arche de la défense.

 

A peine sortis du métro, ils sont anesthésiés comme des bêtes sauvages : à la seringue tirée à distance. Si quelques uns font demi-tour, ayant échappé à la première salve, ils tombent dans les filets d’autres membres des forces de l’ordre. Ils sont alors ramenés sur la place, fouillés, dépouillés, et à leur réveil arrêtés en bonne et due forme.

 

Embarqués dans de sombres fourgons pour une destination inconnue, ils subissent le sort des vaincus.

 

L’un d’entre eux, au cours de son arrestation, déversa un torrent d’invectives à un civil qui se tenait là, semblant satisfait de l’opération, bien que gardant l’air sombre. Peut-être songeait-il à ces deux petits tas de cendres, dans un garage, ramassés quelques années plus tôt, dans lesquels on avait trouvé des fragments d’os et de dents. Pas besoin d’éprouvette pour se douter que ces petits tas, qui au moment de l’incendie auraient du pouvoir quitter les lieux s’ils n’en avait été empêchés, étaient les restes de sa famille.

 

« Fout toi ta sucette dans le c.. » lui cracha le nazillon avant de se prendre un bon coup de matraque dans l'occiput.

 

« On va se revoir, et tu seras moins fier » sembla t-il lui répondre en le fixant d’un regard inquiétant alors que deux gendarmes l'emmenaient vers les camions, le traînant sans ménagement, tirant chacun sur un bras.

 
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