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21 / 03 / 2006,
20:07
Mars 2015.
L’occupation de la France par les américains dure depuis dix mois. Il
faut commencer les relèves afin de faire un équilibre entre ceux qui vont
prendre des congés avant de revenir pour un an et ceux qui vont rester un an
pour ne pas revenir. On prévoit large car le conflit s’enlise. Les centres de
communications français sont toujours opérationnels et introuvables.
« Curieusement », la relève n’est pas trop difficile à effectuer. La vie
en France est un long fleuve tranquille. Les familles désirent voir leurs
proches mais ne tremblent pas pour eux. Et pourtant, pour le major « DAD »,
ainsi surnommé par ses hommes pour son paternalisme en opération, cette
tranquillité est pour lui trompeuse.
Responsable adjoint de la Cellule Renseignement – collecte des
informations fait divers. Tous les petits problèmes ou sont impliqués des
soldats américain lui parviennent. Et il peut constater un taux de disparitions
assez élevé, souvent attribué à de la désertion. Or, la vie du soldat américain
n’est pas trop dure ici. Il faut rajouter la disparition systématique des agents
envoyés sur le terrain au bout de quelques mois. Peut-être avaient –ils trouvé
quelque chose, car actuellement ils n’avaient rien. Impossible de s’intégrer
dans des populations désoeuvrées, marginalisées ou réfractaires. La seule qui
existe est celle des « immigrés » et ils sont étrangers dans leur propre pays.
Ils commencent à repartir pour l’étranger, souvent avec de l’argent mais leurs
biens, qui avaient été en majorité respectés dans la période 2011-2014 sont
cette fois occupés après leur départ. Comment vendre à des gens qui ne sont pas
propriétaires de leur logement ? Qu’ont ils fait de leurs pauvres, de leurs
drogués, de leurs délinquants, de leurs « sans papier », de leurs « sdf »
?
Par contre, c’est la vraie galère avec les avions. Sous l’effet du
printemps, certainement, la noria des avions pour la relève est assez perturbée.
Pannes d’ordinateur, témoins d’alerte des avions, bagages mal chargés, tour de
contrôle… Son chef direct est exaspéré. Cela fait quatre fois qu’il rate son
départ Il a même décollé une fois et l’avion a du faire demi-tour pour un
problème d’erreur de quantité de carburant. Le summum, c’est quand au dernier
moment pour embarquer, il n’était pas sur la liste…
En plus, au deuxième avion, les passagers qui étaient avec lui et
n’avaient pu décoller sont bien partis. Par contre, lui est resté sur le carreau
pour cause de 4 heures de grève imprévue suite à l’agression d’un pilote par un
« partant » un peu contrarié.
Il fulmine. Il retourne à l’aéroport et demande à un général de faire
débarquer un troufion au dernier moment. Ca fait 72 heures qu’il devrait être
chez lui.
Deux heures plus tard, le major Dad voit revenir son chef, au bord de
l’épuisement après une dernière crise de nerf. Air France refuse de l’embarquer
pour 24 heures. A bord, dix minutes après le décollage, quand le pilote a
annoncé un retour sur ROISSY car le train d’atterrissage ne rentrait plus, il a
bondi sur l’hôtesse qui lui demandait de retourner à sa place et d’accrocher sa
ceinture (Elle avait souri narquoisement selon lui). 2 stewards, le copilote et
le mécanicien ont eut toutes les peines du monde à le maîtriser. L’hôtesse a
retiré sa plainte et Air France n’a fait preuve de clémence que sur
l’intervention du général 5 étoiles chapeautant l’opération « restore artists
bénéfits » comme l’appellent les français. Le reste de l’avion est parti deux
heures plus tard sans problème.
A la réflexion, une telle poisse n’est pas naturelle.
Le major Dad décide de s’interroger sur tous les « départs manqués »
tandis qu’il est parallèlement décidé que le colonel chef de bureau parte en
hélicoptère militaire jusqu’à Londres, sous couvert d’un exercice de commandos
parachutistes plongeurs de combat. Pas besoin de paperasse à présenter aux
français . Départ le plus discret possible au cas où le colonel était la cible
de enchevêtrement de circonstances troubles !Et vol tranquille depuis Heathrow
jusqu’à New-York.
A mi-chemin entre la France et L’Angleterre, on perd l’hélico sur le
radar. Les recherches en mer ne donneront rien, pas même un débris.
Après que trois autres personnels non évacuables par les voies classiques
aient disparu en fin de compte alors qu’ils appartenaient à de hauts échelons de
responsabilité, le major DAD trouva un premier point commun : la préparation et
la conduite du bombardement de la ville du HAVRE.
Le major DAD passa quelques nuits blanches à analyser les disparitions.
Celles ci étaient souvent liées à des heurts avec la population française :
accident de la route entre un véhicule militaire et un véhicule civil, bagarre
ou accusation de viol, brutalités lors de manœuvres…ainsi que, en plus des «
observateurs libres », des sergeants bilingues et des administratifs, quelques
jeunes officiers…
Manifestement, les français étaient bien en guerre alors que les troupes
américaines se prélassaient, insouciantes. Le montant des pertes, avec les
accidents un peu bizarres se montaient à 1500… en dix mois seulement.
Proportionnellement au temps passé, plus qu’en Irak quelques années auparavant,
alors qu’il y avait des attentats, des opérations de guerre et des accidents de
manipulation d’arme.
Mais, pour les évacuations en hélico avortées, comment les Français
avaient-ils pu parvenir à savoir qui était à l’intérieur ? Dans cette pièce,
tout était sécurisé, pas de micro ni de caméra.
Illumination non évidente en anglais à trois heures du matin, dans cette
grande pièce aux lumières trop crues et au silence assourdissant : le major DAD
envoie un e-mail à son chef d’état-major. « Mon général, nous avons un problème.
Je crois que nos ordinateurs ne sont pas sûrs ». Click to « send » et, dans les
dix secondes, retour d’un message de réponse «from intelligency officer » mais
en français cette fois. «Vous croyez Major ? Mais vous pouvez en être sûr ». Et
là dessus, l’ordinateur éclate d’un rire sardonique à glacer le sang dans les
chaumières et à résonner encore longtemps dans la grande pièce vide ainsi que
dans la tête du major DAD.
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