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29 / 03 / 2006,
19:57
01 juin 2007
La gauche pavoise. C’est son grand retour au pouvoir après douze ans. Et
sans avoir du présenter une femme. En échange, il a fallu se radicaliser pour
prendre les voix du facteur, préférables à celles du centre. C’est encore un
gouvernement d’intérêts divers. Il fallait battre la droite. Il y a eu
coalition. Mais il n’y a pas eu de programme commun, juste des arrangements en
sous-main. Pas question de décourager un socialiste libéral ou se refuser un
marxiste léniniste à tendance révisionniste. Le parti socialiste ne représente
que 40% de la gauche. Il a besoin des écologistes pour mener une politique
mesurée malgré les exigence de la LRG (Ligue Révolutionnaire de Gauche) qui
représente, grâce à l’union des divers gauches (sauf le PC indéboulonnable ) 35
% de celle-ci. La banquière a cédé la place au facteur porteur de bonnes
nouvelles. On passe de la R5 au vélo jaune.
Seulement, si la première décision est de dissoudre l’Assemblée, à
majorité absolue de droite, la reconquête des sièges s’avère difficile. Au
niveau local, l’entente qui a fonctionné pour la présidentielle fonctionne
mal.
Entre la parité, les places promises pour chacun, le charisme et la
notoriété de certains élus en place, le futur cumul des mandats, le type
d’adversaire en face… et le délai très court pour la campagne des législatives,
la désignation des candidats est un vrai casse-tête et il faut éviter les
candidatures multiples qui provoquent l’émiettement des voix et risquent
permettre des duels Droite – extrême droite au second tour.
La droite elle-même s’organise. Le centre veut rester indépendant. Il ne
faut pas aller chercher les voix extrêmes. Alors, tout est bon. On déterre les
vieux démons. On rappelle ce que peut faire une majorité sans partage, surtout
que la gauche tient les régions. Et surtout, on effraie avec l’archaïsme des
idées, l’incompétence, la corruption et la chienlit… Pas un candidat n’échappe à
l’opprobre. Le citoyen est désabusé. Personne n’a de programme. Et les slogans
sont simplissimes.
Alors, les politiques ont recours aux vedettes. Les champions olympiques,
les footballeurs et les artistes. Le ministre de la culture sortant « dépanne »
ses collègues avec l’aide des grandes industries internationales du disque et du
cinéma. Les derniers décorés disent quelques mots gentils à la tribune des
politiques en échange des médailles. Certains ont été amnistiés par Bercy et eux
aussi viennent avec leur tube de pommade. Les politiques investissent non
seulement les créneaux d’information, mais surtout les émissions de jeu, de
variétés et les reality show. Le maillon faible avec neuf candidats de neuf
partis différents devient une émission culte. La vérité qui compte fait un flop
mais vis ma vie démontre l’interchangeabilité des uns et des autres. Sans aucun
doute ne parvient pas à convaincre, alors que certains font un tabac en guest
stars « sous le soleil ». Certains se mettent même à chanter. Bernard Tapie
quitte la France, écoeuré.
Les lois DADvSI refont leur apparition à l’improviste. Un candidat de
gauche, sur le plateau de TF1 commente l’arrestation d’un internaute pour
possession d’un logiciel de contournement des DRM. . Et il reparle de licence
globale. Le journaliste lui déforme par « taxe sur les FAI » et augmentation de
la facture d’internet . L’un comme l’autre confondent tout. Mais force revient
au candidat qui parle de respect des droits d’auteurs car si il y a moins de
piratage, il y a aussi beaucoup moins de vente de CD et nos artistes vont finir
par chanter au coin des rues. Si chaque internaute donne l’équivalent d’un
ticket restaurant par mois, aucun chanteur ne mourra de faim (16 Millions de
ticket quand même )
Les associations d’internautes s’invitent dans le débat. La
présidentielle a été gagnée grâce aux promesses concernant l’emploi, le CPE n’en
ayant créé aucun, sauf dans les discours des candidats de droite. Les
internautes veulent le vrai débat et la remise à plat de la loi DADvSI à
l’Assemblée Nationale. Certains députés UMP rappellent leur action du 21
décembre 2005 et
L’ancien ministre de la culture parle de son évaluation positive au bout
d’un an, des longs débats constructifs de 2006, des décrets d’application
complémentaires concernant l’interopérabilité afin de permettre aux sociétés
vendeuses de faire le meilleur choix technique pour leur gamme de produits HIFI
etc… La gauche reparle de licence globale miraculeuse, permettant de supprimer
le système répressif sur le net.
La dernière semaine de campagne entre deux tours est donc animée par des
internautes pleins d’espoir qui reprennent de bons tubes inventés durant les
durs moments de mars 2006. Henri Tournel se fait connaître en interprétant le «
chant des partisans » version internaute aux « enfants de la télé » (Paroles
empruntées à profJM)
La gauche remporte une grosse majorité sur les bancs de l’Assemblée.
Néanmoins, il s’agit d’une des conséquences du système du scrutin uninominal
majoritaire à deux tours où nombre de duels et de triangulaires (gauche,
droite,centre ou gauche, droite extrême droite) ont pu être remportés grâce à
l’union des gauches. A la proportionnelle, le résultat eut été moins
rose.
Le 18 juillet 2007, une licence globale de 15 euros permettant l’échange
P2P des fichiers musicaux diffusés sur webradios est instituée. Elle permet de
justifier les taxes prélevées depuis 18 mois sur les CD et DVD. Le droit aux DRM
est maintenu pour les vendeurs de musique en ligne afin de maintenir la
viabilité de leur commerce. Les amendes de 38 et 150 euros sont supprimées de la
grille de répression. Par contre, la possession d’un DVD shrinké passe à 1000
euros et celle d’un logiciel briseur de DRM à 5000 euros. Les majors ont tout de
même obtenu trente pour cent sur le montant des taxes collectées à titre de
dédommagement. 20 pour cent iront à l’état en tant que TVA sur les taxes et les
artistes pourront se partager le reste au prorata des albums vendus sur les
plateformes légales. Les « partenaires » se félicitent alors de ce point
d’équilibre enfin trouvé dans cette stratégie gagnant-gagnant.
Le 19 juillet, les FAI recevaient neuf millions de demandes de
résiliation. Un comité d’internautes fut créé en trois jours par élection sur le
net grâce à la fusion des ligues et associations. Le pouvoir prit peur. Le 25
juillet, un jeune internaute inconnu du monde politique devenait « Ministre de
la Culture Numérique ». Ce ministère incluait tous les médias numériques, y
compris les programmes de Web télé et la musique sur Internet.
Les majors avaient le choix entre passer par les règles fixées par ce
ministère ou vendre leurs films et musiques sur cassettes analogiques. La
télévision hertzienne quand à elle était condamnée.
Un site « Ministère de la Culture Numérique » fut ouvert et la «
concertation » fut reprise, démocratiquement, puisque chaque internaute en ligne
au moment des choix pu voter pour les premières mesures. Le « point d’équilibre
» se déplaça donc plutôt radicalement. Pourtant, le vote ne fut pas à la
proportionnelle. Il y avait trois camps. Le premier était celui de l’industrie
du disque, avec peu de participants. Le second fut celui des artistes. Le
troisième celui du consommateur. A chaque question, le « oui » ou « non » au
sein de chaque camps était proportionnels aux voix exprimées pour ou contre.
Ensuite, le nombre de réponses (3) étant impair, la décision était
emportée.
Contrairement à ce qu’auraient pu attendre le commun des mortels, les
artistes se rangèrent du coté des internautes contre l’industrie du disque pour
la plupart des décisions. Il faut dire que par « artistes », il n’y avait pas
que ceux qui travaillaient pour les majors. Néanmoins, quand il fut question de
points concernant la possibilité de création avec les moyens des majors, il y eu
unanimité. Comme quoi, les majors n’étaient pas exclues de participer, par leurs
moyens de production, à la diffusion de la culture. Seulement, les bénéfices
escomptés n’étant pas à la hauteur de leurs prétentions, et ayant peur que les
décisions prises en France puissent faire jurisprudence ailleurs, les majors
quittèrent le débat et décidèrent d’exclure la France de leur zone de
diffusion.
Le jeune Ministère adopta en première instance un adage très simple avant
de vraiment cerner le problème pour le Net. « Interdit d’interdire ». Puis le
ministre se tourna vers les instances plus classiques pour réformer avec des
idées neuves tout en maintenant certaines contraintes malheureusement
indispensables le paysage audio-visuel français. Tandis que sur le Net français,
les DRM ne firent pas donc pas long feu tandis que de jeunes artistes purent
monter avec des internautes des plates-formes de musique « originale » avec
paiement volontaire. Un peu lent à démarrer au début, le flot de contributions
équitables prit ensuite une altitude acceptable, alors que dans la vraie vie,
les difficultés sociales et économiques se dégradaient de plus en plus. Enfin,
les majors n’avaient pas dit leur dernier mot.
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