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26 / 05 / 2006,
18:18
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Franck pousse devant lui le radeau gonflable contenant son matériel. Il
s’agit d’une enveloppe profilée gonflée grâce à une petite bombe à air, avec un
compartiment si étanche qu’il faut l’ouvrir au couteau. A l’intérieur, il y a
une arme, un détecteur, et quelques gadgets…
Ce radeau le rassure, lui qui ne sait pas nager. Pascal lui a expliqué le
palmage silencieux. Sa combinaison lui évite l’hypothermie. Il nage sans trop
d’efforts depuis trois kilomètres, et il commence à voir sa plage
d’arrivée…
Une fois arrivé chez Pascal avec la voiture des deux prisonniers,
celui-ci lui a montré ce qu’il devait savoir et l’a aidé à s’équiper. Son équipe
est ensuite arrivée. Quatre jeunes comme lui, qui vont allumer différents feux
aux abord de la base à son signal. Et un sous-officier de réserve, pour gérer la
mise en place, le repli et les liaisons entre tous. Il est aussi là pour éviter
les erreurs dues au stress et il a la responsabilité de « ramener tout le monde
».
Pascal est très ferme. Pas d’actes héroïques inutiles, donc pas d’armes.
Ils sont « officiellement » de jeunes excités anti-américains enthousiastes et
inexpérimentés qui ont voulu faire « une action d’éclat ». (Version à raconter
en cas de capture). C’est un mystérieux chef qui les a envoyés ce soir au
dernier moment. Et ils ne sont au courant de rien.
Ils doivent donc se rendre au lieu de se faire tuer en fuyant si ils sont
repérés. Franck constate qu’ils n’auront pas beaucoup à se forcer pour jouer le
rôle.
Par contre lui, si il se fait prendre, il perd gros. Véra bien sûr. Mais
avec son équipement, il ne passera pas pour un touriste effectuant un bain de
minuit. Les interrogatoires seront musclés et il n’aura pas le choix d’un
scénario facile.
Il est donc condamné à réussir.
Il déclenche le signal radio pour l’allumage des feux. Il doit attendre
que ceux ci deviennent le souci de la garde. Cette diversion doit lui faciliter
la tâche
10 mn plus tard, il est caché dans les buissons de bruyères, de brandes
et de genêts (aie, il y a une espèce qui pique bien). Après avoir sorti sa
combinaison de plongée, il passe une fine tenue noire d’infiltration. Bien que
fine, elle est thermo-active et résistante. Si elle ne fait pas gilet
pare-balle, elle est indéchirable et extensible jusqu’à un certain point. Une
balle qui le traverserait complètement ne ferait un trou qu’après lui avoir
traversé le corps de part en part et effectué une vingtaine de cm. à
l’extérieur. Mais une autre, qui rebondirait sur un os ou deux et qui resterait
à l’intérieur pourrait être extraite en tirant sur le tissu. En attendant, celui
ci prévient les hémorragies. Il peut d’ailleurs se faire des garrots au niveau
des artères en tirant sur des anneaux pré installés dans le tissu aux points de
compression. Bien sûr, pour atteindre ces anneaux, il faut les décoller avec un
ongle ou un couteau en grattant la colle qui leur évite de dépasser et
d’accrocher à la moindre épine.
Il a aussi un casque composite pare-éclat, très léger, équipé d’une
visière. Il n’arrête pas une balle de fusil d’assaut, mais une balle de 9 mm à
50 m est inoffensive. La visière dispose pour l’œil gauche d’un écran à cristaux
liquides amovible qui affiche la vue de la caméra à dispositif amplificateur de
lumière. Il a aussi micro intégré et écouteurs pour être en liaison permanente
avec le sous-off coordinateur.
Il dispose aussi d’une arme de poing pour le combat rapproché, de deux
grenades offensives, deux grenades fumigènes et irritantes, une grenade fumigène
de couverture, trois grenades assourdissantes et aveuglantes simultanément, d’un
couteau avec pince coupante et scie, et d’un bout de ficelle de trois mètres,
très fins et très résistant. Il peut servir à étrangler une sentinelle, à
bloquer une porte, à passer un obstacle… Il y a des endroits qui coupent,
d’autres ou on peut mettre les mains . Avec un peu d’imagination, c’est une
sacrée panacée, mais il était un peu tard pour en apprendre toutes les
finesses.
Surtout, il a un détecteur à puces. Une fois qu’il aura détecté les
prisonniers, il devra le détruire en l’écrasant. Dans sa double coque, il y a
l’acide nécessaire à sa destruction. Le détecteur peut aussi servir de laser
aveuglant ou de lampe de poche. Mais pour un temps très court. Un espion qui
s’infiltre ne doit pas être éclairé…
Premier coup de détecteur. Et déjà une direction et une distance. 350
mètres et une aire dégagée à contourner pour pouvoir raser les murs. Franck
respire un bon coup. C’est parti.
Très vite, il s’aperçoit qu’il ne passera pas. Trop de mouvements.
Impossible de ne pas être vu. Un groupe de soldats quitte leur chambre. Franck
s’y introduit et se passe un treillis par dessus sa combinaison. Il prend un
sac, met son casque dedans., met le sac sur le dos. Puis il prend un extincteur
à pleine main et se met à courir dans l’agitation générale. Personne ne songe
alors à l’arrêter.
Au coin d’un bâtiment, il donne un nouveau ‘coup’ de détecteur. 50 m pour
l’un. 65 m pour l’autre . 2 pièces différentes. 2 gardes à déjouer. L’avantage.
Le bâtiment actuel n’est pas une prison, mais un ensemble de bureaux. Ils
doivent être en plein interrogatoire.
Franck entre, en pleine lumière. Sur un bureau, il prend une enveloppe
jaune, qu’il ferme. Il prend son air le plus stupide. Il lit le panneau des
personnes habilitées à entrer dans ce bâtiment. Il avise le nom d’un chef de
bureau. Ce sera son prétexte.
Il monte au premier étage, fait le deuxième classe égaré.
Il se rapproche du garde à la porte d’une première pièce. « The Major Lawer ‘s office please
»
“I
don’t know. Go away”
« Come ! To the toilets »le menace Franck avec son arme.
Ce n’est pas un héros. Sans un mot, le soldat le précède. Franck lui fait
avaler un mouchoir sale, qu’il fixe ensuite par trois tours d’un large ruban
adhésif. De même pour les bras et jambes. « Don’t Worry » et petite giclée de
gaz anesthésique au niveau du nez.
Franck dissimule le corps derrière une porte, récupère le casque et
l’arme. Il reprend la place de la sentinelle et écoute. Il doit y avoir deux
américains pour l’interrogatoire. Un chef et un traducteur . Franck entend en
effet la question en anglais, suivi d’une traduction en français approximatif.
Un mutisme répond à cette stéréo.
Franck entre dans la pièce en saluant et en bredouillant un « Sorry ».
Les deux américains ne sont pas plus nombreux. Tout va bien. Franck les surprend
quand il les menace de son arme.
« Quiet » puis « Libère la ». L’homme s’exécute. La fille a reconnu
Franck et lui adresse un large sourire. Il lui tend l’adhésif et le gaz, mais
elle préfère éliminer ses tourmenteurs d’une bonne manchette derrière la nuque.
Ils risquent avoir besoin de paracétamol durant quelques jours . « Juste retour
des choses, sourit-elle, ça fait 24 h que je les trouve assommants ».
Elle s’empare de l’arme de l’officier. Puis reprend une attitude de
prisonnière. Franck l’escorte ainsi devant la deuxième porte. La sentinelle
s’écarte pour laisser passer la fille. Franck le distrait par un « You have a
broken boot lace » et mandale ticket direct pour le pays des songes administrée
tout aussi efficacement par la fille.
Franck en est épaté. Elle lui sourit modestement, puis l’invite d’un
regard à refaire son petit numéro pour libérer son camarade. A priori, Franck
est un bon acteur car le public est captivé de la même manière.
Cette fois, les deux hommes sont attachés et endormis au gaz après avoir
été dépouillés de leur treillis. L’officier a du céder sa tenue à l’homme,
tandis que la fille nage dans le treillis du traducteur.
Franck prévient son contact. « Ils sont libres. On rejoint le point de
contact après avoir lancé « la réaction en chaîne »
Franck allume un ordinateur, y insère le CD-ROM tueur durant cinq
minutes, puis le retire. A priori, le système informatique local ne va pas
apprécier.
Cette fois, ils vont se diriger vers la forêt en feu, comme les autres
américains qui abattent des pins pour faire un contre feu, là où leurs véhicules
anti-feu ne peuvent pas intervenir.
Ils se précipitent dans un couloir non enflammé, le troisième en partant
de la droite. Au bout de celui là, ils doivent trouver le contact qui doit les
évacuer.
Franck aperçoit un véhicule de pompier, rouge, avec un gyrophare. Déjà ?
L’homme veut « réquisitionner » ce véhicule. En se rapprochant, ils sont
éclairés par le « pompier » qui les éblouit, puis leur dit « montez vite
».
Franck vient de reconnaître le 4x4 rouge. Effectivement, de nuit, il est
trompeur. Il sourit. D’autorité, il se place à l’avant pour pouvoir discuter
avec Fred.
« Je croyais qu’on ne devait pas se voir …
- Crois tu que je t’aurai laissé tomber ? »
- C’est quoi la suite ? »
- Nous suivons la route des deux phares le plus longtemps possible. Dés
que nous sommes repérés, je tourne dans le premier pare-feu. Vous dégagez du
véhicule, et je les entraîne à ma poursuite. Quand ils me rattraperont, je vais
payer un peu cher pour avoir braconné le mauvais soir.
Et vous n’aurez pas grand chose à marcher pour rejoindre Bombannes
»
Effectivement, Fred, aprés avoir jeté la veste en cuir noir et le casque
brillant est habillé maintenant comme un chasseur et une biche-alibi, morte, gît sur une bâche dans le coffre.
Un quart d’heure plus tard, au moment de sauter, Franck jette un « Bonne
Chance » à Fred.
« Bonne chance à toi aussi. » répond il en pensant que Franck en a bien
plus besoin que lui.
Franck regarde s’éloigner le patrol poursuivi par le hummer américain,
encore plus gros et lourdement armé. Une demi douzaine de rafales déchire la
nuit au milieu des rugissements des moteurs. Puis, les moteurs s’arrêtent, des
vociférations de soldats éclatent....
Franck suit les deux autres. Il est un peu perdu. Il est épuisé et il
commence à trembler. La fille l’encourage. « Ne t’inquiète pas. Son numéro est
au point. Et toi, tu as été formidable. Allez, on aura certainement des
nouvelles dans une heure ou deux.
A Bombannes, Pascal récupère les deux agents pour les « évacuer ». Franck
se change, avec ses vêtements que Pascal lui a rapportés et rend tout le
matériel. Pascal le regarde d’un air méchant. Il a oublié de détruire le
détecteur. Il l’écrase. Puis sourit. « Pas vu. Pas pris »
Mais Franck retient la leçon. Ce soir, ce n’était pas un jeu…

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