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Dimanche 12 Novembre 2006: V pour vendetta
Un film que j'ai failli refuser. Moi, les histoires de mafia, plus ou moins sanglantes… ça me lasse à la fin.
« Ah mais ce n'est pas du tout ça ! »
« Ah bon ? »
Bref, je suis passé pour un imbécile, qui ne suivait pas l'actualité du cinéma. Faut dire que je boycotte, hein, et qu'on me l'a prêté le film. Alors pourquoi devrai-je me torturer à lire « Première » ?
En fait, c'est l'histoire d'une tyrannie militaro-informatique menacée par l'ombre du masque du fantôme de l'opéra.
Un petit extrait « Un artiste ment pour révéler la vérité alors qu'un politicien ment pour la cacher ».
Ce film est un amalgame très réussi au premier degré. Prenez un quart du comte de monte-christo pour expliquer la vengeance, un petit peu de bossu et du capitaine Fracasse, un zeste de Blade et de Underworld. Rallongez la sauce avec de l'équilibrium, un peu de Dark Vador avec la présence de l'irrésistible Nathalie Portman, une touche de « Z » (vous savez ce vieux film avec Yves Montand)…Rajouter Internet (euh interlink en media informatisé pour diffuser la vérité d'état), du « 1984 » incontournable, un culte de la personnalité avec des écrans dignes du futuroscope… Et prenez une grande dose de Zorro contre l'aigle et sa soldatesque. Le coté « cape et d'épée » est en effet très présent.
Ca pourrait être bien non ? Mais ça ne suffisait pas au réalisateur. Il a fallu un chouia de Darkman, plus une touche de Hulk, et un zeste de « Soleil Vert » (pour la bouffe entre autre) . Et surtout, il a fallu ensuite sous couvert de toutes ses références « reproduire » en plus moderne toute l'horreur des camps de concentration dans l'histoire du héros vengeur masqué. Ce pouvoir destiné à assurer la sécurité et la tranquillité à ses citoyens devait avoir tous les défauts de la création.
Bref, ça y est, la caricature imbécile propagandiste était enfin prête. Le cinéma nous offre une révolution citoyenne orchestrée par un héros masqué cultivé, avec des poncifs anti-révisionnistes permanents. Le but du Masque est de prouver la force du peuple qui se réveille (après avoir abdiqué et confié tous les pouvoirs à un homme malhonnête et menteur) et contre laquelle l'oppression ne peut rien, surtout que ce même héros se charge d'éliminer n° 1 et 2.
Bref, ce film si « visionnaire » n'est en fait qu'une fable populiste, et un gentil cauchemar qui doit bien faire rire nos gouvernants.
Petit pluralisme hypocrite oblige, dans le film, un blanc occidental avait protégé une version inestimable du Coran. Néanmoins, le film en fait des tonnes avec l'holocauste, en prétendant montrer des expériences sur des virus et l'enfermement des homosexuels et des opposants, artistes bien sûr… Ce régime a tous les défauts je vous dis.
Bref, ce film agréable à suivre au premier degré est en fait une horreur manipulatrice qui vise à couvrir l'industrie du cinéma des reproches qu'on a pu lui faire pour avoir précédemment orchestré l'opinion publique vers la guerre « sainte » pour la démocratie, pour avoir fait l'apologie de la « Tolérance Zéro », pour avoir répandu le modèle américain , et pour avoir bien servi la cause « anti-terroriste » (Ici, le héros est le Terroriste qui mélange explosifs et feux d'artifices »).
Bref, un vrai retournement de veste, mais toujours un superbe décervelage en règle, avec des poncifs et des ficelles en béton.
Tout le mérite de ce film est de pouvoir expliquer à un jeune d'aujourd'hui tous les principes de la manipulation de notre pseudo industrie des loisirs qui sait « donner au peuple ce qu'il veut » tout en servant le pouvoir.
Plus que jamais dans ce film, les artistes sont des saltimbanques mercenaires au service du pouvoir.
La révolution aujourd'hui, moi, je la verrai mieux en lisant Robert E. Howard et son « Conan le Barbare »
Son héros, par sa force, son courage, et surtout son esprit sain aussi fort, affûté et réaliste que son épée renverse les trônes des tyrans, les autels des religions perfides, les étals des marchands malhonnêtes, les temples de dieux cruels, le cours du destin sur les champs de bataille…Il tranche têtes, anneaux, griffes et tentacules de monstres des temps immémoriaux. Il sauve la belle esclave, son compagnon, la guerrière, et tout cela pour s'emparer de trésors qui lui permettront de jouir de la vie, trésors qu'il sait partager équitablement avec ses compagnons et qu'il dilapide avant d'en être corrompu. L'amour est une bonne partie de jambes en l'air parce que la vie, si courte, peut s'achever la minute suivante … Le bonheur est là où on le prend.
Simplet ?
Au moins une base saine pour le second degré, qui dénonce justement toutes les perversions de notre civilisation décadente. Le sauvage est fort et sain. Sa morale ne fait pas l'objet de dissertations. Ce qui est juste est sans appel et la vie n'est pas «sécurisée», mais est digne d'être vécue…
Je parle je parle, mais vous, n'oubliez pas « B pour Boycott »
Fred Le Borgne

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